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Retour 27 novembre 2025

Bitcoin : Startmining dans la course au hashrate mondial

Le minage de Bitcoin peut être vu comme une voie vers la souveraineté monétaire. Si c’est vrai pour les particuliers, c’est encore plus vrai pour les États qui s’y engagent. Voyons en détail les aspects géopolitiques de cette course au hashrate mondial.

Actualités Mimifrisette mimi en bleu et rose

La course au hashrate mondial Bicoin est lancée ! En lice, des pays qui tentent d’attirer les mineurs pour contrôler ce nouvel or numérique. Cette course, menée par de gros joueurs, soulève des questions fondamentales sur la souveraineté monétaire et la centralisation grandissante du réseau. Les exemples de pays qui minent du Bitcoin dans le but de se constituer une réserve stratégique sont aussi de plus en plus nombreux.

Le point sur le hashrate mondial

Selon les données du site Hashrate Index, pour la période Q3 2025, les États-Unis dominent largement la production du hashrate mondial, avec plus de 35% des parts du marché. La Chine et la Russie produisent ensemble près de 30% du hashrate mondial. C’est donc dire que le reste du monde se partage la balance, et aucun pays n’a une production supérieure à 5%. Par exemple, l’Islande, terre d’accueil de Startmining, produit seulement 1% du hashrate mondial.

La course au hashrate mondial (https://data.hashrateindex.com/network-data/global-hashrate-heatmap#global-hashrate-heatmap)

Historiquement, c’est la Chine qui dominait le monde du minage de Bitcoin (environ 75% en 2019). Toutefois, en 2021 le gouvernement interdit le minage sur le territoire chinois. À partir de ce moment, le paysage du Bitcoin va complètement changer même si la Chine fait encore partie du top 3 en 2025. Les États-Unis sont devenus les leaders et de nouveaux joueurs ont vu le jour. Des plus petits pays offrant de l’énergie abordable et un cadre réglementaire favorable (comme le Bhoutan, le Salvador ou encore l’Islande).

Outre la distribution du hashrate par pays, c’est la distribution au sein des pools de minage qui montre la santé de la décentralisation du réseau. À l’heure actuelle, Foundry USA domine avec environ 30% des blocs minés, suivi par AntPool avec près de 20%. Une concentration qui est préoccupante pour la décentralisation du réseau.

Classement des pools de minage (https://mempool.space/graphs/mining/pools)

Les enjeux liés à la centralisation

Avec un pays qui contrôle une importante proportion du hashrate, et qui manifeste des ambitions encore plus grandes, est-ce un pas vers la centralisation ?

Il existe en effet certains risques dans la concentration des infrastructures de minage. Même si le réseau a su faire face à ces enjeux, voyons quelques éléments qui rappellent l’importance de la décentralisation.

Des installation concentrées

La concentration des installations physiques dans une même région peuvent rendre ces installations vulnérables. 

En effet, malgré les système en place, les opérations de minage ne sont pas à l’abri d’une panne majeure. Un conflit régional est également un risque qui pourrait perturber les opérations de minage. Il en va de même pour les questions de réglementation, il suffit d’un changement dans la législation, comme ce fut le cas en Chine en 2021, pour désorganiser l’industrie au sein d’un pays. 

Le cas de la Chine a toutefois mis en lumière, la résilience du réseau décentralisé, puisque la difficulté de minage s’est ajustée et d’autres mineurs ont rapidement pris le relais.

Déplacement du hashrate suite à l'interdiction du minage en Chine de 2021

Finalement un autre type de centralisation existe, du côté de la dépendance aux plateformes cloud. Les récentes pannes du service AWS (Amazon Web Services), principal fournisseur d’infrastructure cloud mondial (environ 30% des parts de marché), nous rappelle l’importance de la décentralisation sous toutes ses formes. Alors que plusieurs plateformes d’échanges centralisées ont été affectées par ces pannes, le réseau Bitcoin a poursuivi ses opérations sans interruptions. C’est notamment grâce aux validateurs répartis mondialement et aux nœuds indépendants que le réseau a gardé sa stabilité. Il est à noter qu’une chute drastique du hashrate peut causer un ralentissement dans le traitement des transaction, jusqu’au moment de l’ajustement de la difficulté.

L’attaque des 51%

L’un des points souvent soulevés lorsqu’il est question de centralisation du réseau, est une vulnérabilité connue sous le nom de « attaque des 51% ». Il s’agit d’une situation où un groupe contrôlerait plus de 50% du hashrate et pourrait théoriquement manipuler le processus de validation des transactions. Parmi les manipulations possibles d’une telle prise de contrôle il y a:

  • La double dépense
  • La censure de transactions
  • Le blocage de mineurs concurrents

Ces éléments sont le fondement même du Bitcoin, soit un système de monnaie électronique, décentralisé et incensurable dont le réseau est protégé par la preuve de travail (proof of work).

Dans la réalité, le risque d’une attaque 51% sur Bitcoin demeure encore limité. Tout d’abord, car le coût élevé d’une telle prise de contrôle protège le réseau. En effet, il faudrait que le groupe, en plus de contrôler les 51% nécessaires, soit en mesure de créer une blockchain alternative (un « fork ») et réussisse à l’insérer au moment opportun. Donc une blockchain comme Bitcoin, décentralisée et avec une forte participation, demeure assez difficile à attaquer de cette façon.

Vers une disparition des « petits » mineurs ?

Avec l’augmentation de la difficulté de minage et la concentration des infrastructures de minage, il devient de plus en plus difficile pour les plus petits mineurs de tirer leur épingle du jeu. Ils ne peuvent pas profiter des mêmes économies d’échelle, et ne peuvent pas obtenir le même genre de financement que les grosses fermes, qui appartiennent souvent à des entreprises cotées en bourse.

Il en va de même pour le minage à domicile qui vit une véritable transformation. L’activité qui a vu naître Bitcoin et sa décentralisation, subit désormais la pression d’une électricité souvent trop chère pour rentabiliser les opérations de minage à petite échelle.

Cependant, il existe encore des « irréductibles gaulois » qui développent des projets visant à rendre le minage plus accessible aux particuliers. Que ce soit par des solutions logicielles optimisées ou par la création de petits mineurs « plug-and-play », les communautés de passionnés de minage sont encore bien vivantes. Les solutions comme le cloud-mining ou la colocation (telle que offerte par Startmining) offrent aussi des alternatives pour s’initier au minage. Cependant, l’impact de ces activités reste marginal face à l’échelle industrielle des grandes fermes.

Nouvelles avenues pour le minage de Bitcoin

Chaque halving amène son lot de défis liés à la baisse des récompenses et les mineurs tentent de s’y adapter au mieux. Comme plusieurs fermes de minages sont des entreprises cotées en bourse, elles sont redevables en termes de profitabilité. On voit progressivement un changement dans les activités de ces entreprises, vers le monde lucratif du calcul HPC, Startmining n’y échappe pas non plus. 

Néanmoins, certains pays prennent l’avenue du minage de Bitcoin, afin de contourner la réglementation internationale (sanctions économiques, etc.). L’utilisation du Bitcoin devient par le fait même, une façon de protester contre l’utilisation quasi universelle du dollar américain.

Pour d’autres États, il s’agit plutôt d’un moyen de constituer une réserve stratégique de Bitcoin pour le pays. Un exemple connu: le Bhoutan, qui mine depuis 2020 et a depuis constitué une réserve de plus de 12 000 BTC. Le Salvador, premier pays à avoir adopté le Bitcoin comme monnaie ayant cours légal, mine aussi du Bitcoin depuis 2021 en utilisant l’énergie géothermique produite par le volcan Tecapa. La Polynésie Française pourrait-elle devenir l’un de ces pays, avec l’expertise de Startmining ?

Finalement, la course géopolitique et économique au minage de Bitcoin a révélé une concentration grandissante aux mains de certaines puissances mondiales. 

La demande grandissante pour le calcul HPC dédié à l’intelligence artificielle viendra-elle bouleverser cette distribution ? Les gros joueurs délaisseront-ils une activité moins lucrative laissant ainsi la place aux nouveaux pays-mineurs ?

Quoi qu’il en soit, l’avenir du minage repose (et a en fait toujours reposé) sur le maintien d’un équilibre entre la rentabilité et la décentralisation. 

Mimifrisette

Formée en design graphique et communication, puis en géographie et environnement. Curieuse depuis toujours, crypto-curieuse depuis 2021, qui aurait pu prédire que le Web3 rendrait utile toutes mes années passées sur les bancs d’école. J’aime explorer les différents points de vue et enjeux sur le Bitcoin, les NFT et la technologie.

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