Au Japon, les institutions se tournent vers la tokénisation
Les grandes institutions financières se posent toutes la question de l’adoption de la tokenisation, le Japon ne déroge pas à la règle. A partir de quand peut-on espérer cette révolution ? Le monde de la finance est-il prêt ?
L’ère de la tokenisation se poursuit, aujourd’hui, au Japon, où il sera peut-être bientôt possible d’échanger des actions et des obligations grâce à la technologie de la blockchain.
Le Japon réfléchit à la tokénisation
Les grandes institutions continuent d’embrasser la technologie blockchain. Au Japon, trois de ces institutions travaillent sur le développement d’une infrastructure basée sur la blockchain pour l’échange d’actions et pour l’échange d’obligations japonaises (JGBs).
Le groupe réunit :
- l’Agence japonaise des services financiers (FSA) ;
- le ministère des Finances ;
- la Banque du Japon.
Cette nouvelle a été révélée par le média japonais Nikkei.
Il ne manque plus que l’approbation officielle du projet. Les trois grands acteurs prévoient de lancer un groupe cet été, dont les activités devraient démarrer début 2027. Par la suite, si le résultat des tests le permet, le nouveau système devrait être opérationnel début 2030.
L’objectif de cette initiative est d’inciter les banques à convertir une part des comptes de réserve qu’elles détiennent à la BOJ en actifs digitaux. Cela fonctionnerait de la même manière que les CBDC (monnaies numériques issues de banque centrale), ici utilisées uniquement entre institutions financières.
Toutes les banques du Japon utilisent ces comptes de réserve, destinés à régler les paiements interbancaires. Si cette solution voit le jour, les échanges à la Bourse de Tokyo ou encore des obligations d’État deviendraient instantanés. Ainsi, les investisseurs institutionnels pourraient réinvestir de manière immédiate.
Alors que l’Europe et les États-Unis poursuivent la modernisation de leurs marchés de capitaux, le Japon pourrait perdre des investisseurs. Par conséquent, le travail de ces groupes sur le sujet de la tokénisation des actifs digitaux devient une nécessité.
Une tokénisation à l’épreuve
Depuis 2024, nous observons une tendance des institutions à franchir le cap. Le Japon illustre bien cette inclination. Selon un sondage effectué par Nomura et Laser Digital, publié en avril, près de 80 % des institutionnels japonais prévoient d’allouer une partie de leurs investissements (entre 2 % et 5 %) à des actifs numériques.
Ce n’est pas une surprise. Les trois principales banques japonaises : la MUFG, la SMBC et Mizuho, travaillent déjà sur un projet pilote sur des actions et des obligations d’État tokenisées. De plus, la MUFG a aussi déclaré utiliser le Canton Network pour préparer une preuve de concept consacrée au règlement des obligations d’État japonaises on-chain.
Pendant ce temps, la Banque du Japon poursuit ses travaux sur les sujets de la CBDC et de la blockchain, notamment sur le sujet de l’interopérabilité. La BOJ fait aussi partie d’un autre groupe composé de sept banques et de plus de 40 institutions financières pour tester les paiements transfrontaliers tokénisés.
Cependant, la tokénisation totale rencontre des obstacles. Parmi ces derniers, on trouve les transactions immédiates (frein au financement), ou le risque de fragmentation des actifs. La volatilité reste une barrière. Mais, finalement, si le rendement est suffisant, les institutions s’adapteront.
Conclusion
Pour le moment, nous sommes à une phase de tests à grande échelle plutôt qu’à l’étape d’une réelle transition. Bien qu’au Japon, les projets soient destinés à une clientèle uniquement institutionnelle, l’influence des investisseurs particuliers est évidente. Les baleines essaieront toujours de surfer sur la vague de la liquidité.