Minage de Bitcoin : Tout comprendre du marché des ASIC
Dans l’univers du mining de Bitcoin il y a les fermes, les infrastructures énergétiques, les pools de minage. Et au centre de toute cette industrie, une machine conçue uniquement pour calculer: le ASIC.
Les grands noms en lien avec les fermes de minage et les infrastructures sont bien connus. Il en va de même pour les fabricants de ASIC dont la réputation n’est plus à faire. Voyons qui sont ces leaders du domaine et comment s’organise cette industrie technologique de pointe.
Un bref historique
2009, Bitcoin voit le jour. A l’aube de son existence, les quelques «geeks» qui s’adonnent au minage le font à l’aide du CPU de leur ordinateur personnel. La récompense : 50 BTC par bloc.
2010, le premier pool de minage voit le jour (Slushpool).
2011, c’est le début du minage à l’aide des cartes graphiques (GPU), qui mène à une montée du hashrate.
2012 (novembre), c’est le premier halving avec le passage des récompenses à 25 BTC par bloc. Le prix du BTC était alors d’environ 12$.
2013, c’est à ce moment qu’apparaissent les premiers ASIC, amenant avec eux un gain de performance considérable, qui rendra mécaniquement le minage via GPU obsolète.
L’arrivée des ASIC sur le marché
Tout d’abord, un ASIC (Application-Specific Integrated Circuit) est une puce qui a été conçue spécifiquement pour effectuer les calculs requis pour le minage de cryptomonnaies. En effet, ce sont des circuits intégrés, optimisés pour un seul algorithme, dans le cas de Bitcoin c’est le SHA-256.
Leur arrivée sur le marché a considérablement changé la façon de miner. Le point tournant faisant passer le mining comme un « passe-temps » à une activité de plus en plus industrielle. C’est le début des fermes de minage et suite au halving de 2016 l’efficacité énergétique devient un élément crucial. Cette efficacité se mesure en joule/Terahash (J/TH) et plus ce chiffre est bas, plus la machine est rentable.
Le trio historique
Bien que le Bitcoin ait été interdit en Chine depuis 2021, parmi les trois plus gros fabricants d’ASIC les trois ont été fondées… en Chine. Voyons un peu quelles sont ces entreprises et quelles sont leurs machines phares.
Cannan Creative
« Canaan – Creator of the World first ASIC Bitcoin Miner » il s’agit non seulement de leur slogan mais c’est aussi l’entreprise qui a commercialisé le premier ASIC (AvalonMiner A1) et la première entreprise de mining listée sur le Nasdaq. Entreprise créée en Chine, mais dont le siège social est désormais basé à Singapour. Malgré le fait que Bitmain ait gagné beaucoup en parts de marché, la série Avalon (A15 & A16) demeure un incontournable dans l’écosystème du minage.
Sans compter que la série A16, lancée en octobre 2025 offre encore plus d’efficacité.
Non seulement Canaan fabrique des ASIC de minage, mais touche aussi au marché domestique, avec des solutions orientées vers le chauffage par minage et sa gamme Avalon Home (incluant le AvalonQ, Avalon Nano 3S et le Avalon Mini 3).
Finalement, la gamme Avalon Box offre des produits de taille industrielle (format conteneur) avec refroidissement à l’air, à l’eau ou par immersion.
MicroBT
Micro BT est une entreprise chinoise, fondée en 2016 par un ancien de chez Bitmain. Ses machines, connues sous le nom de Whatsminer sont reconnues pour leur fiabilité et leur robustesse. C’est le concurrent le plus direct de Bitmain.
Leurs machines phares depuis la fin 2023 a été la série M66 (M66S, M66S+ & M66S++). Plus récemment le modèle M79S a prouvé être idéal pour les fermes à plus grande échelle avec un hashrate impressionnant et une efficacité maximale (et la technologie de refroidissement hydro).
Bitmain
Finalement, pour couronner ce trio, Bitmain, c’est LE leader dans le matériel de minage avec sa série de Antminer. Entreprise chinoise, fondée en 2013, ce sont eux qui définissent les standards de l’industrie à l’heure actuelle. L’entreprise bénéficie également d’une capacité de production importante avec des usines dans plusieurs pays (dont les États-Unis).
La série S21 (et bientôt la série S23) est proposée d’emblée chez Startmining afin d’assurer le meilleur rendement énergétique et garantir la rentabilité.
Un trio émergent
L’époque qui suit l’interdiction de minage en Chine a poussé certaines entreprises à vouloir développer une fabrication hors de ce pays. Dans une optique d’amélioration de la sécurité de la chaîne d’approvisionnement, de nouveaux acteurs ont donc vu le jour.
Parmi eux, une startup née en Californie en 2022: Auradine. Elle a été créée par des anciens de chez Palo Alto Networks, Marvell, NVIDIA, Intel, Block et Google. Leur gamme de mineurs Teraflux, et une gravure de puce à 3nm leur permet de compétitionner en efficacité avec les géants chinois. La conception faite aux États-Unis a aussi une visée de souveraineté technologique.
La compagnie Block, fondée par Jack Dorsey (co-fondateur de Twitter) a lancé sa division de minage sous le nom de Proto. Particularité intéressante, l’entreprise a lancé en 2025, le Proto Rig. Il s’agit d’un système modulaire, qui permet d’offrir une durée de vie plus longue que les ASIC classiques. Le tout dans le but de lutter contre l’obsolescence programmée du matériel.
Enfin, on évoquera l’entreprise Bitdeer, basée à Singapour était auparavant une branche de Bitmain. Devenue autonome, elle est cotée au NASDAQ depuis 2023. Ils conçoivent leurs propres ASIC, les Sealminer, et ont des sites de minage aux États-Unis et en Norvège.
Alors que la convergence dans le domaine du mining est toujours très forte, les solutions émergentes offrent de belles alternatives aux géants actuels.
« La revanche des Nerds »
Devant tous ces grands acteurs du minage, il y a aussi quelques petits projets plus atypiques. Ils s’adressent à ceux qui ont l’âme geek, en leur permettant de se familiariser avec le processus de minage.
Prenons l’exemple de Bitaxe, qui a créé un écosystème totalement open-source. Loin de rivaliser en termes de rentabilité, son approche se veut décentralisée et éducative. Les Bitaxe sont de petits appareils de minage, qui utilisent les puces d’ASIC récupérées des séries S19 et S21. Leur dernier modèle, le Bitaxe Supra (Hex 701) atteint environ 600-800 GH/s pour une consommation d’environ (15 à 20W). Ces petits mineurs permettent aussi de se connecter à un pool de minage, offrant ainsi une participation à la sécurité du réseau.
Sans être de véritables mineurs il existe aussi des gadgets qui s’apparentent plutôt à une loterie, c’est le cas du NerdMiner. Muni d’un petit écran, il tente de trouver un bloc en solo (avec une capacité de calcul d’environ 75 à 100 KH/s. Il ne permet pas de se connecter à un pool et ses chances de trouver un bloc s’apparente à celles de gagner à la loterie.
Dans le même type, il y a le Lucky Miner, qui permet de se connecter à un pool et qui est à mi-chemin entre un NerdMiner et un Bitaxe en termes de performances.
Bien que marginal en ce qui a trait au hashrate, ces petits gadgets plaisent à ceux qui ont l’âme cypherpunk.
Le point commun de tous ces grands joueurs de l’industrie, c’est qu’ils font preuve d’innovation technologiques dans le but de toujours améliorer l’efficacité de leurs machines.
Chacune d’elle a aussi su développer son expertise propre.
Canna et ses solutions résidentielles avec la gamme Avalon Nano. La robustesse des machines Whatsminer (MicroBT), particulièrement en climat chaud.
Les solutions favorisant la souveraineté et l’éthique de Auradine et Proto (Block). et Finalement, le chef de file en termes d’efficacité pure, Bitmain et son Antminer.
C’est d’ailleurs cette dernière catégorie qui constitue la majeure partie de l’inventaire offert chez Startmining.
On voit aussi se pointer l’ombre d’un changement de paradigme. Désormais ces grands joueurs de l’industrie ne se limitent plus aux activités de minage. Ils sont sans cesse à la recherche d’innovation, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle et des datas center. Est-ce que le minage de BTC sera délaissé par ces leaders au profit d’activités plus lucratives comme le calcul HPC ? Est-ce que la venue de nouveaux joueurs agiles et innovants permettra de remettre la décentralisation au cœur des activités de mining ? Seul l’avenir pourra nous dire si cette transition vers l’IA est une opportunité de redonner au réseau Bitcoin son caractère décentralisé d’origine.